L’homme est un être social qui a besoin de se sentir reconnu et apprécié par ses pairs. Ainsi a-t-il le souci de s’intégrer à un groupe, une communauté, et d’y trouver sa place. Dans cette perspective, il appartient à chacun de trouver le subtil dosage entre défendre les idées auxquelles il croit (faire preuve d’assertivité), et entendre le point de vue de l’autre (écouter avec empathie). Cet équilibre est rompu quand la personne s’empêche d’agir librement pour répondre aux attentes supposées d’autrui. Elle renonce alors à ses propres besoins par peur du rejet, de l’échec, de perdre la face, ….
Retrouver une fluidité émotionnelle…
Mes coachés relatent souvent des situations où ils se trouvent submergés par leurs émotions. : D’où viennent-elles ? Que disent-elles d’eux ? Il s’agit alors d’aider la personne à retrouver une certaine fluidité émotionnelle en l’invitant à la juste expression de ses émotions (de manière assertive, sans mise en danger, au moment opportun). A l’inverse en censurant ses émotions, la personne risque d’adopter des comportements agressifs suivis de sentiments dévalorisants. « Les émotions justes nous rendent notre puissance. Les émotions déplacées, disproportionnées… nous vulnérabilisent » (Isabelle Filliozat).
La conscience de soi et de son fonctionnement
La confiance en soi passe par l’acceptation de sa personne, dans sa globalité, avec ses qualités et ses défauts, ses limites et ses potentialités. C’est en évaluant objectivement ses forces et qualités, en les appréciant et les valorisant, que l’individu pourra exprimer tout son potentiel et prendre plaisir à travailler.
L’acceptation de soi implique d’identifier et de challenger les nombreux messages critiques entendus tout au long de sa vie et enregistrés dans son inconscient.
Sur quoi sont fondés ces jugements ? Quelle était l’intention de la personne qui les a énoncés ? Comment l’individu les a-t-il reçus ? Il devient vite évident que ce sont les attentes d’autrui qui blessent et abîment la confiance en soi !
Et si, au lieu de se comparer aux attentes d’autrui, nous nous permettions d’élaborer notre propre définition du succès ? Il faudra peut-être se défaire de nos idées préconçues de la réussite (carte de visite, salaire, signes extérieurs de richesse, …). Le piège dans lequel nous tombons souvent est de puiser sa confiance en soi dans l’Avoir plutôt que dans l’Etre et la réalisation de soi. L’Avoir est par nature insécurisant : éphémère, il n’existe que parce qu’il est reconnu par l’Autre. L’Etre en revanche, inscrit l’individu dans l’ici et maintenant : il est intemporel. Ancré dans le présent, l’individu cesse d’avoir des attentes. Il arrête d’être tiraillé entre ce qu’il vit et ce qu’il voudrait vivre.
Dépasser ses fausses croyances pour s’engager sur le chemin de l’autonomie…
Dans certains cas, je m’appuie sur le modèle ‘Prince, Crapaud, Masque’ de François Delivré. Il permet d’identifier les fausses croyances du coaché ainsi que les mécanismes d’auto défense qu’il a développés pour s’en protéger et dans lesquels il s’enferme maintenant. Le Prince (la Princesse), c’est l’être en devenir avec toutes ses potentialités avant qu’il ne soit blessé(e) par les aléas et évènements incontournables de la vie. Ces évènements l’amènent à élaborer de fausses croyances sur sa personne et la vie en générale : son Crapaud. Et l’obligent, selon lui, à porter un masque pour être socialement acceptable. Prenons l’exemple de Sophie. Perfectionniste, elle ignore ses réussites et ne retient que les sujets qui la mettent en difficulté. Le changement, les environnements mouvants lui font peur. Elle exprime sa difficulté à prendre sa place dans un groupe et à faire valoir ses besoins. Au fil des séances, nous travaillons sur sa ‘saine révolte’ (ne plus accepter de se taire, savoir dire non) et une ‘sage résignation’ (choisir ses batailles, s’intéresser aux problèmes actuels au lieu de ruminer le passé). Progressivement, elle élargit la vision qu’elle a d’elle-même. Le coaching l’aide à identifier ses points d’alerte, les situations dans lesquelles son masque (une femme de consensus) est approprié, à l’inverse, celles où elle peut sortir de ses mécanismes d’auto-défense et oser sa parole. Progressivement Sophie s’engage sur le chemin de l’autonomie, finalité de tout coaching.
L’individu est souvent conscient que sa manière de réagir est inadaptée, insatisfaisante et peu écologique. Cette prise de conscience est une première étape dans son processus d’évolution.
Avoir confiance en ses capacités rend plus audacieux…
L’estime de soi à laquelle participe la confiance en soi, est précieuse en ce qu’elle rend plus audacieux et plus ouvert à l’idée de l’échec. Dans la précédente newsletter, Adrien Duvillard nous invitait à voir l’échec comme une expérience en soi avec son lot d’apprentissages. Je suis moi-même convaincue que prendre confiance en soi, c’est accepter de s’ouvrir à de nouvelles expériences, sans ce souci incessant de « gagner », mais plutôt celui d’élargir sa perspective, d’apprendre et de grandir.