« Le pardon à ses parents permet de se réconcilier avec soi-même, de s’apprivoiser, de cohabiter avec son passé, avec son enfance. Il ouvre l’avenir à qui peut alors consentir à devenir parent à son tour, à accepter l’inscription et le legs générationnels. Il s’agit d’une réconciliation avec l’idée de génération, de lignée, de famille, de transmission, d’héritage. Le pardon renoue le fil rompu en permettant ce qui semblait impossible : être à la fois un enfant et un parent, faire de « ces parents-là » les grands-parents de ses enfants. Le pardon prend alors la forme d’une nécessité vitale, celle de la survie de l’individu, tout en l’inscrivant dans la logique transgénérationnelle qui le dépasse.
[…] Le pardon qui apaise prend le temps de venir. Il n’est pas le geste las du vaincu qui se voit contraint de refouler sa rage ; il n’est pas l’acte conformiste qui se soumet aux conventions ; il n’est pas l’absolution aveugle qui craint la vérité. Il est l’acte créateur de paix de celui qui accepte sa charge d’humanité et la transforme. Passage obligé pour qui cherche une paix personnelle et familiale lucide, pour qui veut transmettre son histoire, pour qui assume la charge de son humaine condition. » Maryse Vaillant – Pardonner à ses parents